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Lanzarote, dernier volet de la trilogie...
Le 22/05/2012



VERSION COURTE :

Déçu mais pas de regret, je suis battu par des mecs plus forts que moi, il aurait fallu sortir un marathon en 3h08 pour la qualif ce qui n’est pas encore dans mes cordes…
J’ai joué, j’ai perdu !!!           

 

VERSION LONGUE :

Il y a une dizaine d’années, je rencontrais un certain Hugo K, une sorte de barge à mes yeux : Il était triathlète !!! et en plus il faisait du longue distance !!!

C’était le début d’une longue histoire qui me fera prendre ma première licence en septembre 2004, à l’époque il partait pour Hawaii….. Le rêve !!!

Après une découverte de ce sport de fous-furieux la première année et puis quelques années à m’éclater sur du courte distance, il était temps de mettre en marche l’accession à mes rêves sportifs les plus fous : aller tâter de l’IM !!

Saison 2009 : je mets en route pour la qualif à Hawaii.
Saison 2010 : Hawaii.
Saison 2011 : Embrun.
Et saison 2012 : il restait un IM dans les 3 que je voulais faire à tout prix : Lanzarote….

Pourquoi Lanzarote ?

Un parcours de boucher, une réputation de l’IM le plus dur du circuit, encore des volcans…. Bref quand on aime aller tâter ses limites c’est le bon plan !
 

Hawaii > la découverte (mais pas en touriste !!! après un été particulièrement intense en entraînement !)
Embrun > l’apprentissage
Lanzarote > ?!?
Mystère…. après 2 années d’expérience en plus, je pouvais viser haut : la qualif à Hawaii était un bon objectif et une bonne motivation pour retourner au charbon cet hiver à l’entraînement.

En sachant qu’à Lanzarote : c’est le « world championships part 1 »… (WCP1 pour les intimes), les mecs qui veulent faire podium à Kona en octobre choisissent souvent cette course.

Cette année seulement 2 slots dans ma caté, pas droit à l’erreur !

Arrivée mardi, course samedi, et beaucoup d’appréhension la veille sur ma gestion de course.

Je prendrais l’option sage d’attendre la fin du vélo pour commencer le course.

 

Une nat classique, RAS,

Ah si... Je sors 10ème au scratch et 4ème de ma caté !!!! du jamais vu ! quand je vous disais que c’était les WCP1 !!!

Une T1 façon D1, RAS

 

Un vélo sur un parcours magnifique, RAS…

Ah si, quand même un peu de frustration vu les bornes de cet hiver et puis l’envie de faire la course avec la quinzaine de mecs qui m’ont passé pendant cette partie….

 

T2 façon half-IM (pas IM quand même, j’ai pas chômé mais j’ai quand même pris le temps de me faire asperger de crème solaire… ça cogne là-bas !)

 

Début du marathon : je suis content d’avoir géré mon vélo, j’ai une fraîcheur et je suis d‘une facilité déconcertante.

Je me cale autour de 13kmh, ça fait 3h15 au marathon, pour faire autour de 3h20-25 c’est parfait.

A Lanza, la càp c’est un grand aller retour de 18,5km et 2 plus petit de 11,7. Je pourrai faire le point au premier demi-tour !

Tout l’aller se passe parfaitement, je suis très confiant sur ma capacité à tenir le marathon sur cette allure, en croisant les doigts pour que ça passe pour la qualif... Et là c’est le drame !!!

Au demi-tour, une bande de 3 kényans blancs est 30m derrière moi... Ils me reviennent dessus 300m plus loin, je croise les doigts pour ne pas voir de 25/29 n’ayant pas bien aperçu les dossards au demi-tour.

Je fais alors l’était des troupes : deux 25/29 sur 3, « P**** de M**** »

On est au 9ème km et la décision est dure à prendre : soit j’accroche et je tente, soit je fais ma course pour finir sur un temps honnête mais vu l’allure des mecs et leur état de fraîcheur apparent, je mets une croix sur la qualif…

Je prends l’option de suivre.

J’échange quelques mots avec le Portugais :

-« this is war » je lui dis,

il rigole,

 je lui demande pourquoi ?,

le mec veut aller à hawaii mais ne supporte pas la pression et il n’a pas regardé le nombre de slot, après qq échanges je lui dis qu’on est en tête 25/29 et qu’on est 3 pour 2 places, oups je crois que je lui ai mis la pression….

500 m plus loin, (je vois qu’il se cale au garmin) :

- « What is the pace now ? » avec mon anglais de français ?

-« four minutes and two seconds per K» il me répond avec son anglais de portugais

Aie, 15kmh, ça fait 2km qu’on court comme ça, je tente un coup de bluff : je me cale devant et ralentis doucement mais sûrement l’allure, ça marche pas, le mec repasse. (je retenterais la chose plusieurs fois mais sans grand succès !!)

Tout le retour à cavaler comme des lapins, c’est grisant, un mélange d’euphorie et de remise en question de cette recherche du slot à tout prix : je vais exploser en vol, c’est une question de minutes….

Je me surprends à tenir si longtemps, au demi tour je suis dans le coup, j’arrive à me ravitailler, pas de signe d’hypo ni d’hyperventilation, je me dis que ça va peut-être passer…

KM20, toujours entre 14 et 15kmh…

Au passage sur le retour je croise : Christophe en pleine remontée, Nico A qui a du faire un vélo à l’expérience très solide vu sa place (il est taillé pour l’IM ce mec… Nico, fais une année sabatique, tu fera un sub 9 à Hawaii !!!), Julien M qui m’encourage de pleine voix et Nad aussi qui me voit passer à 15kmh (qui a dû se dire que j’allais péter à cette allure me connaissant !).

KM21, le portugais qui surveille le pack depuis tout à l’heure voit que l’homme du fond en violet décroche un peu il me dit :

« This is now !!! » en mettant un sac à pied, j’essaye d’amortir, on se retrouve à 3, à ce moment je suis 2ème de ma caté, dans le cul de notre ami et avec un 30/34 qui a l’air super easy !!

Sauf que ces foutues jambes qui commencent à péter dans tous les sens depuis 10km, le début de la chevauché fantastique, ne veulent plus me supporter,

KM22, je mets le cligno et les laisse filer je passe de 14/15 à 11/12.

KM23, je passe de 11/12 à 9/10, j’ai les jambes saignées, l’autre 25/29 me repasse me regarde droit dans les yeux et me mine, ils font chier tous à se prendre pour des pistards !!! ça fait déjà 8h qu’on se la colle !!!

KM25, je passe de 9/10 à la marche au ravito, je repars tout doucement, mais j’avance plus mes jambes me font trop souffrir, saloperie de cannes, j’ai envie, je suis alimenté comme un chef, hydraté comme un Irlandais un soir de match, mais les quadris n’en veulent plus.

Je tente désespérément de me remettre à courir, mais au ravito suivant je boite à moitié, et me mets en mode marche rapide (ça c’est l’apprentissage d’embrun, c’est le mode marche qui m’aurait permis de faire 11h40 à Embrun l’an dernier plutôt que 13h09 !!!), calé autour de 6kmh mes rêves de qualif se sont envolés mais je finirai, j’oublie le chrono, la marche m’amènera sur la ligne.

Christophe comme un métronome me double à 11km de l’arrivée à l’amorce du dernier tour, j’essaye de repartir en courant à ce moment-là pour l’accompagner un peu mais les cannes sont HS définitivement, j’en ai encore besoin, elles doivent me porter jusqu’à la ligne !

11km plus loin je suis finisher, satisfaction et amertume à l’arrivée, mais l’affichage des résultats 2h plus tard me fera avaler la pilule :

Les 2 golgoth qui se qualifient étaient plus fort, 3h02 et 3h08 au marath ça cause…. Curieux de voir ce qu’ils vont envoyer à Hawaii ces 2 là, je parierais bien une pièce sur un podium sans problème !

Après la ligne je retrouve Christophe au massage qui a validé sa qualif mais dans ce WCP1 c’était pas gagné d’avance !! Un vélo plus solide qu’à Nice (le powertap en a apporté la preuve) et un marath en 3h10 lui assure tout juste la qualif en 45/49, du délire !!!

Je repars sur la ligne pour aller accueillir Nad, petit moment d’émotion : c’est notre premier IM qu’on fait en commun la même année, et puis retour au bercail.

 

C’était une belle course, j’ai joué, j’ai perdu donc après la découverte et l’apprentissage pour Lanzarote je dirais : CONCRETISATION,

L’IM ne me fais plus peur, je sais ce qu’il me manque et j’y reviendrais plus fort mais pas tout de suite :

Un marathon en 3h ne s’invente pas avec 120km par mois à pied, alors premières étapes : en finir avec les blessures à répétitions.

Le prochain IM arrivera quand je me sentirais capable d’enquiller une vrai préparation à pied.

 

Et puis j’en ai réussi 1 sur les 3, j’ai de quoi avoir les dents longues pour le futur,

Je me referai la trilogie, un peu comme les films qui ressortent en 3D 10 ans après !

 

Pour finir avec HK, puisqu’on avait commencé avec,

Il m’avait bien fait marrer avec une expression cet hiver  (ici un peu sortie du contexte) :

« Colmater les parpaings de l’entraînement comme un portugais »

Samedi à Puerto Del Carment, j’ai vu ce que c’était qu’un vrai Portugais !!!

 

Et puis bien sûr merci à tous pour vos message d’encouragement qui donnent des ailes ! 



Jonathan Tryoen

Copyright Versailles Triathlon - Crédit photo : Christophe Guiard

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